De l'importance de se poser des questions

"Vous me jugez sur mes réponses ? Si vous croyez que je ne vous juge pas sur vos questions !" Sacha Guitry. S’interroger, se poser des questions et poser des questions, est un comportement humain innée, mais qui est dévoyé, étouffé. S’attarder sur un mode interrogateur ne vient plus naturellement, parce que nous sommes conditionnées, dès le plus jeune âge, dès notre scolarité, à ne produire, constamment, que des réponses, et à n’émettre que des solutions. Pourtant, dans la vie de tous les jours, c’est sur la qualité de vos questions que vous êtes apprécié.

Souvent, face à une interrogation ou un problème, nous nous concentrons tellement sur les réponses et sur les solutions que nous perdons de vue l’essentiel, c’est à dire la question. Pour ne rien arranger, nous nous posons parfois les mauvaises questions et nous terminons, dès lors, avec des réponses inadaptées, non pertinentes.

 

"Il y a environ vingt ans, je dirigeais une séance de brainstorming dans un cours de MBA,explique Hal Gregersen, dans un article de la revue Harvard Business Review intitulé "Pour un meilleur brainstorming". Les discussions pédalaient dans la semoule, "les étudiants n’étaient pas inspirés par les idées qu’ils émettaient." De minute en minute, le niveau d’énergie de la salle frôlait le néant.

C’est alors que Hal pris la parole: "Ecoutez, arrêtons de chercher des réponses pour aujourd’hui, et trouvons simplement de nouvelles questions que nous pourrions nous poser concernant ce problème. Voyons combien pouvons nous en écrire avant la fin de ce cours." Rapidement, "la salle fut redynamisée. Tout à coup, il y avait plus de matière à débattre, car nous avons trouvé des moyens inattendus capables de mener à des solutions potentielles," observa Hal. A l’origine de cette approche, comme l’explique Hal Gregersen, "il y a une reconnaissance plus large du fait que de nouvelles questions engendrent souvent de nouvelles (et parfois significatives) idées."

En recherchant des questions plutôt que des réponses, vous pouvez établir un climat de confiance qui permettra ensuite d’analyser les problèmes plus en profondeur et de les résoudre de manière efficace.

"Brainstormer en cherchant des questions plutôt que des réponses permet plus facilement de dépasser des biais cognitifs et de s’aventurer en terrain inconnu. (...) Pourtant, s’attarder sur un mode interrogateur ne vient pas naturellement à la plupart des gens, parce que nous sommes conditionnées dès le plus jeune âge à ne produire constamment que des réponses."

 

En effet, depuis l’enfance nous sommes conditionnés pour ne pas poser de questions. "James T Dillon, un professeur émérite à l’université de Californie, à Riverside, a passé sa carrière à étudier ce phénomène dans les salles de classe," raconte Hal Gregersen, avant de rajouter: "Il était choqué par le peu de questions posées par les élèves - ce qui est, pourtant, essentiel dans l’apprentissage. Le problème ne venait pas d’un manque de curiosité. “Chaque fois que les conditions leur étaient données - pas en faisant une simple pause ponctuée d’un vous avez des questions ? Non ? D’accord, ouvrez vos livres - cela provoquait une pluie de questions fascinantes de la part des étudiants”, écrit James T Dillon. Et lorsqu’il interrogea les autres professeurs à ce sujet, ils étaient presque unanime pour dire que les étudiants ont en effet des questions, mais ne les posent pas en classe.” Pourquoi ? “Ils ont peur de le faire, explique James, en grande partie à cause de leur expérience des réactions négatives des professeurs, et de leurs camarades de classe. Ils apprennent à garder leurs questions pour eux-mêmes et à répéter des réponses toutes faites lorsqu’ils sont interrogés par leur professeur." Comme des chercheurs ont pu le mettre à jour: "s’interroger est un comportement humain innée, mais qui est activement dévoyé et systématiquement étouffé."

Petit à petit, plus nous grandissons, plus nous évoluons, et plus nous perdons cette habitude à poser des questions. Plus nous sommes orientés solutions: trouvez une solution, trouver une réponse, comme nous l’avons appris pendant notre parcours académique où règne, souvent, le mythe de la "bonne réponse", qui est "toxique pour la créativité", comme l’écrit MARCO BERTOLINI dans son article de blog "Comment le mythe de la « bonne réponse » tue la créativité." 

"L’esprit non créatif peut discerner les mauvaises réponses, mais il faut un esprit créatif pour reconnaître les mauvaises questions," Sir Antony Jay 

"Questionner la question" libère la pensée, casse des barrières mentales, et favorise l'innovation. Cependant, "quand vous êtes étudiant, vous êtes jugé sur la qualité de vos réponses. Quelqu’un d’autre pose les questions, et si vous donnez les bonnes réponses, vous avez une bonne note. Mais, dans la vie, vous êtes jugé sur la qualité de vos questions," explique Robert Langer, professeur au MIT. Ce que ne contredit pas l’écrivain John C. Maxwell: "Vous ne trouverez jamais les bonnes réponses si vous posez les mauvaises questions !" Poser des questions, et se poser des questions est important. Rappelez-vous que toutes les grandes découvertes, toutes les grandes avancées, tous les grands accomplissements sont faits de questions, formulées et reformulées. Et rappelez-vous ce trait d'esprit du physicien Tom Hirschfield: "si vous ne demandez pas, ‘Pourquoi ceci ?’ assez souvent, quelqu’un demandera, ‘Pourquoi vous ?’

> En PNL - Programmation Neuro-Linguistique, nous avons un outil qui met l'accent sur le questionnement, et que vous pouvez apprécier dans cette vidéo, ci-dessous, et via cet article de blog:

Ci-dessous, retrouvez une typologie des "questions" et quelques exemples, recencés sur le site Le Journal du net (article "Poser les bonnes questions et obtenir des réponses: Ouvrir et entretenir le dialogue" - 20 juillet 2009)

  • Les questions relais ou de poursuite. Elles sont très importantes car elles facilitent la discussion. Repartant de la réponse qui précède, elles incitent à la développer et l'enrichir. Vous emploierez par exemple les formules : "Dans quelle mesure ?", "C'est-à-dire ?", " Dans quel cas ?", "Sur quels critères ?", "Par exemple ?", "Qu'entendez-vous par... ?"...
  • Les questions ouvertes. Elles appellent une réponse développée. "Qu'est-ce que ?", "Que ?", "Quel ?". Par exemple "Comment ?" est une question concrète qui oblige à décrire de manière structurée ou bien suscite l'imagination de l'interlocuteur. "Pourquoi ?" est souvent accusateur en français car posé avec une tournure négative. L'interlocuteur se met souvent sur la défensive. Il faut donc ne pas trop l'employer, ou bien tourner la question de manière positive. L'une des questions ouvertes les plus utilisées est "qu'en pensez-vous ?".
  • Les questions miroir. "C'est faire preuve d'empathie que de les utiliser", explique Lionel Bellenger. Ces questions reprennent tel quel, sur la forme interrogative, un mot ou un morceau de ce que l'autre a dit. Elles permettent de montrer à son interlocuteur que l'on suit sa pensée et qu'on est sur le même terrain. S'il ne faut pas en user systématiquement, son usage est efficace, particulièrement en situation conflictuelle.
  • Les questions de reformulation. Elles visent à s'assurer que l'on a bien compris ce qui a été dit et à aider l'autre à préciser sa pensée. En reprenant ce qu'il vient de dire, on l'amène à énoncer son idée avec d'autres mots. Ainsi, on vous dit "Je trouve que Paul n'est pas très sympa". Vous interrogez : "tu veux dire que tu n'arrives pas à travailler avec lui ?". Votre interlocuteur pourra ainsi se rendre compte que ses propos ont été mal interprétés et préciser, ou au contraire confirmer votre impression.
  • Les questions fermées : Elles sont utilisées pour obtenir un "oui" ou "non". Parmi les formules courantes, on trouve : "Est-ce que ?", "Pensez-vous ?", "Pouvez-vous ?"... Ces questions se déclinent également pour les réponses à choix multiple, où le répondant n'a finalement guère la possibilité d'exprimer sa spontanéité. Les questions fermées ne créent en effet pas de dialogue mais assurent l'obtention d'informations.
  • Les questions informatives ou précises : "Qui ?", "Quoi ?", "Quand ?", "Où ?", "Combien ?", "Lequel ?", "Par quels moyens ?"... La réponse, d'ordinaire unique et factuelle, peut s'avérer "indisciplinée" ou polluée par des commentaires non suscités par la question. Attention à faire en sorte que ce type de question employé systématiquement ne tourne pas à l'interrogatoire.

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Sources:

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Lundi 13 août 2018
Catégorie: Articles

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