La stratégie de l'émotion

"Frémir plutôt que réfléchir," écrit la journaliste Anne-Cécile Robert en surtitre de son article intitulé: "La stratégie de l’émotion", paru dans le Monde Diplomatique en Février 2016.

Et de rajouter:"Des émissions de divertissement à l’actualité médiatique en passant par les discours politiques, le recours à l’émotion est devenu l’une des figures imposées de la vie publique. Si les émotions, positives ou négatives, enrichissent l’existence, cette forme d’expression peut poser de redoutables défis à la démocratie lorsqu’elle se fait envahissante et tend à remplacer l’analyse."

"Il suffit de taper “l’émotion est grande” sur un moteur de recherche pour voir défiler une infinité de nouvelles, du banal fait divers aux attentats qui ont récemment ensanglanté l’actulalité de Beyrouth à Ouagadougou."

"Les médias ne sont pas seuls à jouer de l’accordéon émotionnel. les responsables politiques s’y adonnent églament. (...) s’en servant pour dépolitiser les débats et pour maintenri les citoyens dans la position d’enfants domoninés par leurs affects."

"L’émotion pose un rédoutable défi à la démocratie, car il s’agit, par nature, d’un phénoméne qui place le citoyen en position passive. Il réagit au lieu d’agir. Il s’en remet à son ressenti plus qu’à sa raison. Ce sont les évènements qui le motivent, pas sa pensée. "

L’émotion est subie. on ne peut pas en sortir à son gré, elle s’épuise d’elle-même, mais nous ne pouvons l’arrêter. Lorsque, toutes voies étant barrées, la conscience s eprécipite dans le monde magique de l’émotion, elle s’y précipite tout entière en se dégradant (...) La conscience qui s’émeut ressemble assez à la conscience qui s’endort, Jean-Paul Sartre.

( Le visuel utilisé, celui du Monde Diplomatique, qui le légende comme tel: Jean-Baptiste Greuze. – « Une jeune fille, qui pleure son oiseau mort », 1765 Bridgeman Images - Scottish National Gallery, Edinburgh )

Mercredi 24 février 2016
Catégorie: Articles

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