Laurent Schmitt: les narcissiques

Laurent Schmitt, psychiatre et auteur de « Le Bal des ego », se prête à un interview de Le Vif / L’Express sur les narcissiques. 
 
Pourquoi estimez-vous que le narcissisme exacerbé est devenu un problème pour la vie en société ? Existe-t-il un bon et un mauvais narcissisme ? Les hypernarcissiques sont-ils toxiques ? Que se passe-t-il lorsque ce genre de personnage est votre collègue de bureau ou votre patron ? Ces personnalités à l'ego boursouflé sont-elles conscientes de leur nuisance ? En quoi ce "bal des ego", que vous dénoncez, est-il lié à l'uniformisation de la société autour des modes de vie, de pensée, de consommation ?
 
De plus en plus de patients souffrent d'un mal-être lié à des problèmes relationnels. Ils vivent avec ou côtoient des personnes méprisantes, aux ego surdimensionnés, qui les disqualifient, les dédaignent ou les nient, ce qui entame énormément leur estime de soi. Le besoin d'être entendu, reconnu, et la souffrance de ne pas l'être s'expriment de plus en plus fortement. Au sens psychologique, le terme ego signifie le moi, notre manière d'être au monde, notre personnalité, de même que notre capacité de maîtriser nos impulsions, tout en faisant preuve de sollicitude, d'empathie, de bienveillance. Le narcissisme, lui, est l'une des composantes de l'ego. Lorsqu'elle est hypertrophiée, on parle d'hypernarcissisme. Les personnalités hypernarcissiques préservent leur équilibre psychologique grâce au cadre social qui les gratifie et à l'estime qu'elles suscitent dans un premier temps. Mais, lorsque ces conditions ne sont plus réunies, à la suite d'une rupture sentimentale ou d'une maladie par exemple, elles peuvent, elles aussi, s'effondrer.
 
 
Mercredi 7 janvier 2015
Catégorie: Articles

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