Le mythe du manque par Lynne Twist

Dans son livre "L’âme de l’argent", Lynne Twist aborde le "mythe du manque". Remédier au manque, ce n’est pas partir à la quête de l’abondance, mais faire le choix de la suffisance - ou de la sobriété heureuse, pour plagier Pierre Rabhi. Le manque est, sans doute, naturel, et comme l'écrivait Balzac: "Le temps manque pour tout." Hélas, ou pas d’ailleurs. Mais qu’est-ce que ce mythe du manque ? Comment y remédier ?

 

"Pour moi et la plupart d’entre nous, notre première pensée au réveil est: “Je n’ai pas assez dormi”. La seconde est: “Je n’ai pas assez de temps.” Qu’elle soit justifiée ou non, cette pensée du “pas assez” surgit automatiquement, avant même que nous envisagions de la contester ou de l’examiner," écrit Lynne Twist, avant de rajouter: "Nous passons l’essentiel de notre vie à expliquer ce qui nous fait défaut, à nous plaindre ou à nous inquiéter de ce qui nous manque...Nous ne faisons pas suffisamment d’exercice. Nous n’avons pas suffisamment de travail. Nos profits sont insuffisants. Nous n’avons pas assez de pouvoir. Nous manquons d’espaces naturels préservés. Nos week-ends sont trop courts. Et, bien sûr, nous n’avons pas assez d’argent...nous ne sommes pas assez minces, assez intelligents, assez séduisants, assez en forme, assez instruits, assez performants, assez riches. C’est sûr. Avant même de nous redresser dans notre lit, avant même que nos pieds touchent le sol, nous sommes déjà inadaptés, déjà en retard, déjà en train de perdre quelque chose, déjà en manque de quelque chose. Et lorsque nous allons nous coucher, c’est la longue litanie de ce que nous n’avons pas obtenu ou de ce que nous n’avons pas fait dans la journée. Nous allons au lit accablés par ces pensées, et nous nous réveillons avec cette chimère du manque...ce qui n’était au départ que la simple expression du rythme précipité de notre vie, ou des difficultés de l’existence, devient la justification d’une vie rongée par l’insatisfaction."

 

"Quelle que soit notre situation, nous pouvons tous choisir de faire marche arrière et de nous débarrasser de notre dépendance au manque. Dès que nous oublions le manque, nous découvrons la vérité surprenante de la suffisance. Par suffisance, je ne veux pas parler de quantité. La suffisance n’est pas trois plus que la pauvreté ou deux fois moins que l’abondance. Elle n’est pas une mesure du “juste assez” ou du “un peu plus qu’assez”. La suffisance est une expérience, un contexte que nous générons, une déclaration, une intime conviction que nous avons suffisamment de ce dont nous avons besoin et que nous avons suffisamment d’estime de nous-mêmes. La suffisance est à l’intérieur de chacun d’entre nous et nous pouvons faire appel à elle à tout instant. C’est une conscience, une attention, un choix intentionnel d’une façon de voir les choses."

La suffisance - une façon de voir les choses, de féliciter ces petits moments qui, chaque jour, surviennent. De ne pas penser que les choses doivent être extraordinaires pour nous apporter de la joie, et que l’ordinaire n’est pas un synonyme de morne, d'ennuyeux, d’insignifiant. De faire taire cette négative petite voix qui, à l'intérieur de nous, alimente le sentiment de manque. Qu’est-ce qui importe ? Qu’est ce qui m’importe ? Qu’est-ce qui est important ?

Vers la sobriété heureuse. "L’organisation de notre vie est fondée sur la frénésie, le temps suractivé," comme l'explique Pierre Rabhi. Ne pas perdre son temps, gagner du temps, une victoire sportive pour un dixième de seconde. "Notre rapport au temps est pathologique. Mon refuge, ma tranquillité, c’est mon jardin, où, pour les plantes, il y a la cadence du cycle des saisons. D’ailleurs on retrouve cette cadence chez nous. Nous sommes des entités biologiquement cadencées. Notre cœur, notre système digestif sont cadencés. Et les problèmes d’aujourd’hui, le stress, le mal-être, vient du fait que nous outrepassons la cadence juste pour aller vers cette cadence artificielle du temps-argent, du temps qu’il ne faut pas perdre. Le stress et le mal-être du à ce temps suractivé, à cette frénésie." (En lire plus en cliquant ici)

"Faites ce que vous aimez, ceci est la pierre angulaire de l'abondance dans votre vie," comme l’écrit Wayne W. Dyer dans son ouvrage "Le virage" - qui illustre comment et pourquoi nous devons passer de l’ambition au sens. Car nous avons tous le choix de changer notre vie, nous avons tous le choix de passer de l’ambition au sens. Etes-vous prêts à prendre l’engagement de fonder votre vie sur le sens et la raison d’être plutôt que sur les exigences sans fin et les fausses promesses associées à l’ego ? (en lire plus en cliquant ici) 

Aussi, vous pouvez apprécier le travail de Martin Seligman, l’un des créateurs de la psychologie positive, et qui dissèque le concept de bien-être, et qui nous propose une quête: celle de le conquérir, celle d’améliorer notre bien-être au quotidien. (En lire plus en cliquant ici) 

Ou vous pouvez chercher votre "Ikigai" - que l’on peut traduire par "raison d’être", "joie d'être toujours occupé" et qui est la raison, pour les Japonais, pour laquelle nous nous levons chaque matin. Posséder un ikigai clair et précis, une grande passion, apporte satisfaction, bonheur et sens à la vie. (En lire plus en cliquant ici)

Pour aller plus loin: Lynne Twist, "L’âme de l’argent: transformer sa relation avec l’argent et la vie", aux éditions Ariane, 2/09/2004

Mardi 20 février 2018
Catégorie: Articles

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