L’utopie, le futur qu’on imagine, qu’on désire, comme la cause du présent


« Voici une jeune femme dans sa cuisine. Elle vient de se marier et prépare un bon gigot d’agneau pour son mari, » commence Aline Frankfort lors de la conférence TEDx de Mulhouse, et dont le thème est le désapprentissage, que devons nous désapprendre ?, avant de continuer: « Lorsqu’il rentre, il la voit couper l’os du gigot:

- Mais pourquoi coupes-tu cet os, chérie ? demande-t-il, étonné.

- Car c’est la recette familiale, répond-t-elle avant de renchérir: ma mère fait comme cela.

Intrigué, le mari appelle sa belle-mère:

- Mais pourquoi coupez-vous l’os du gigot d’agneau ?, demande-t-il

- Car c’est la recette familiale, répond-t-elle avant de renchérir: ma mère fait comme cela.

Toujours autant intrigué, il appelle la mère de sa belle-mère, et lui pose la même question:

- Mais pourquoi coupez-vous l’os du gigot d’agneau ?

- Parce que mon four est trop petit, répond-t-elle. »


« Qu’est-ce que ce four trop petit sinon notre mental coincé dans ses habitudes et ses manières de voir ? Ce qui nous empêche de voir, c’est notre pensée toute formatée, » dispose Aline.

« Ce que nous regardons est certainement moins important que la manière dont nous le regardons (…) Ce que nous appelons la réalité n’est pas le réel; mais le réel à l’intérieur des limites de notre perception. De notre vision du monde. »

Dés lors, est-il possible de l’élargir ?

 

De l'importance de l'imagination, qui peut transformer la réalité. Gaston Bachelard, philosophe français, avait coutume de dire: « L’imagination, éveil de la vie nouvelle. Elle ouvre des yeux qui ont des types nouveaux de vision »

Ce à quoi, Edgar Morin, répondait: « L’utopie est à la fois ce qui fait changer la réalité et ce qui est incapable de la changer. Le réalisme est à la fois lucide et aveugle. » Pour paraphraser Bergson: « Le possible est plus riche que le réel. »


Les entreprises, gardiennes du passé. « Plutôt que de créer le futur, les organisations, les entreprises sont surtout en train de gérer le passé, ou de le préserver, » analyse Aline Frankfort. C'est le passé comme la cause du présent. Toutefois, se peut-il que l’utopie, le futur qu’on imagine, qu’on désire, puisse être la cause du présent ?


Sur cette route de montagne, un homme roule à toute vitesse avec sa décapotable. Il fait beau. Il est content. Une femme déboule de l’autre côté d’un virage. Elle s’arrête à sa hauteur et lui crie, ce qu’il croit entendre: « Porc »

Surpris, il répond « Salope » avant de démarrer en trombe et foncer dans un… port.


« Combien de gens ont-ils essayé de nous prévenir de quelque chose que nous n’avons pas vu, anticipé ou même imaginé. Peut-être que le message ne nous plaisait pas et qu’on a éliminé le messager; que l’on a même pu traiter de menteur.

Ainsi, bien des gens ont vu venir la crise de 2008. » Cependant, des mauvaises décisions, ou non-décisions, ont été prises.


« Décider, c’est imaginer. C’est envisager le « non-possible ». C’est dépasser les certitudes que l’on se crée.


Tout est une question de perception: « Il n'y a que deux façons de vivre sa vie : l'une en faisant comme si rien n'était un miracle, l'autre en faisant comme si tout était un miracle, » disait, ainsi, Einstein


« Se libérer du connu », Jiddu Krishnamurti. Nos visions du monde peuvent être les prisons de notre esprit. « Est-il possible que nous essayions de créer le futur sur base de vieilles cartes ? de mondes imaginaires, mais qui manquent d’imagination ? » Imagination qui est au cœur du désapprentissage.


« Est-il possible que le monde que nous avons créé, dehors, soit le reflet d’un certain type de réflexion ? Est-il possible que la plus grande crise actuelle ne soit ni économique, ni financière, mais une crise intellectuelle ?


Soit nous sommes guidés par le passé et nous nous contentons de réaménager le mobilier dans la pièce. Soit nous sommes guidés par le futur qui est déjà là, et nous sommes en phase avec lui. Nous y contribuons…


L'utopie, ou le futur qu’on imagine, qu’on désire; peut être la cause du présent. Il y a un proverbe bolivien qui raconte: « Prend garde au présent que tu crées car il doit ressembler au futur dont tu rêves, » conclue Aline Frankfort, dans cette conférence TEDx que vous pouvez apprécier ci-dessous, dans son intégralité.

Vendredi 19 décembre 2014
Catégorie: Articles

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