Abstract, dans les coulisses du design et de la créativité

Produite par Morgan Neville et diffusée sur NetFlix, "Abstract : l’art du design", est une série-documentaire de 8 épisodes qui vous emmène dans le monde des arts et du design, où 8 grands créateurs - toutes disciplines confondues - façonnent le monde avec passion à travers leurs œuvres. Un voyage dans l’esprit de 8 designers: une scénographe (Es Devlin), un illustrateur (Christoph Niemann), une architecte d’intérieur (Ilse Crawford), un concepteur de chaussures Nike (Tinker Hatfield), un designer automobile (Ralph Gilles) et un photographe (Platon). Un voyage qui vous fait découvrir les coulisses du design, et répond, au cas par cas, à ces questions: comment faire naître la créativité ? Comment l’entretenir ? Ci-dessous, découvrez quelques citations extraites de "Abstract".

 

Dans la peau de Christoph Niemann, illustrateur

J’aime beaucoup donner aux scènes familières une apparence complètement différente. Nouvelle et vraie.

"Je dirais que tout ce qui se passe entre 9 et 18 heures, c’est du travail", explique Christoph Niemann avant de renchérir: "Mon rêve, c’est de mettre au point une formule magique pour créer sur commande. Mais, ça ne marche pas comme cela. La majeur partie du processus créatif revient à regarder une feuille. Il faut espérer qu’un moment de folie se produise.


 

"Comme le disait Charles Thomas « Chuck » Close - peintre et photographe américain - "l’inspiration, c’est pour les amateurs. Nous, les professionnels, on se lève et on va travailler." J’adore cette citation, car elle me soulage d’une énorme pression. Créer, ce n’est pas attendre que l’inspiration vous tombe dessus. C’est se mettre à travailler, et que quelque chose d’incroyable se produise, ou non. Il faut rester ouvert aux possibilités qui peuvent se présenter. Il faut donc être à son bureau, et dessiner, encore et encore, prendre des décisions et croiser les doigts.

Je suis persuadé qu’il faut toujours changer de cap quand tout va bien

Il y a quelques années, "je me suis aperçu que j'étais à New-York depuis" pas mal de temps, j'étais "épanouie, et exténué", et "j'avais de plus en plus de mal à me réinventer." Comment faire ? Dois-je changer d'endroit ? Tout quitter ?C'est là, en y réfléchissant, que: "je me suis dit que le meilleur moyen de grandir, c’était de lâcher prise." Et accueillir tout ce qui pouvait se présenter. 

Dans la peau de Tinker Hatfield, designer de chaussures pour Nike

Si les gens n’adorent pas ou ne détestent pas votre produit, c’est que vous n’avez pas accompli grand chose.


 

"Si vous restez dans votre atelier pour inventer des choses, vous n’aurez pas une base assez solide. Il faut sortir et vivre sa vie. Ca permet de se faire une bibliothèque mentale dont on pourra se servir dans un travail de création unique."

"Pour moi, mon travail, en tant que provocateur, c’est de voir encore plus loin vers l’avenir. Il faut regarder le monde dans sa globalité. Et se dire: je vais résoudre des problèmes. Je vais ajouter quelques idées, agiter un peu, prendre des risques, faire des suppositions et mélanger le tout. Si les gens n’adorent pas ou ne détestent pas votre produit, c’est que vous n’avez pas accompli grand chose." A titre anecdotique, Tinker est l'esprit qui a imaginé les chaussures auto-laçantes que Michael J. Fox porte dans le film "Retour vers le futur", de Robert Zemeckis. Chaussures que Tinker, avec son équipe chez Nike, a finalement réalisé. C'était en décembre 2016.

Dans la peau d'Ilse Crawford, architecte d'intérieure

C’est en se posant des questions que nous trouvons la solution. On se garde d’avoir une opinion au début d’un projet. On se pose des questions. On observe. On écoute. Je dis souvent qu’on a deux yeux, deux oreilles, et une seule bouche. On doit respecter cette proportion.

"Pour certains, l’architecture d’intérieur, c’est de l’apparence. Je vois cela différemment. Nous passons 87 % de nos vies dans des immeubles. Leur conception façonne notre ressenti et notre comportement. Le design n’est pas uniquement visuel. C’est un processus de réflexion. C’est une compétence. Au final, le design est un outil qui permet d’améliorer notre humanité. Il sert de cadre à notre vie."


 

Insuffler aux autres un sentiment de bien-être et de confiance. "Chaque projet commence par une stratégie," explique Ilse, avant de rajouter: "Et l’Homme est notre priorité. Nous prenons en compte l’Homme avant d’entamer tout processus de design."

"Le comportement des gens selon le lieu m’a toujours fascinée." Et donc, "j’ai voulu savoir pourquoi les gens sont à l’aise dans certains espaces." Dés lors, "j’ai étudié notamment l’anthropologie et les sciences comportementales. Ca m’a vraiment permis de comprendre comment on découvre le monde. Dans mon livre, La maison du bien-être, j’explore les cinq sens. C’est grâce à eux que nous pouvons pleinement appréhender le monde. Nous sommes avant tout un corps." Et à Ilse de se rappeler: "Et c’est en concevant des lieux qui font appel à nos cinq sens que l’on a pu établir - moi et mon équipe au sein de studioilse - un lien avec le public, ce qui n’était pas courant à l’époque" - dans les années 90. 

Ce qui m'intéresse, c’est d’interpréter les souhaits du client pour l’avenir de son bâtiment dans la langue du design 

Un mélange de réflexion et d’empathie. "C’est en se posant des questions que nous trouvons la solution." Avant d’avoir une opinion, mettez la réalité en question. "On se garde d’avoir une opinion au début d’un projet. On se pose des questions. On observe. On écoute. Je dis souvent qu’on a deux yeux, deux oreilles, et une seule bouche. On doit respecter cette proportion (...) A travers ce processus de réflexion et d’empathie, on peut vraiment comprendre ce qui s’offre à nous."

"Les meilleurs designs sont conçus à partir de contraintes. C’est comme une impulsion, les contraintes sont nécessaires. On trouve toujours une solution.

Enseigner, c’est participer à la magie du processus de création, et voir comment on passe de rien à quelque chose.

Et à Ilse, de conclure: "le bien-être est devenu une philosophie qui influence le design. Mon rêve, c’est que l’on mette l’Homme au centre de tout. C’est quelque chose qui peut se réaliser à l’échelle individuelle. Une mission que nous accomplissons d’espace en espace, d’objet en objet. Dans un espace, quand on donne la priorité aux besoins humain, le design peut avoir un impact profond. J’espère participer au bonheur de l’être humain pour faire de ce monde, notre monde, un monde meilleur."

Pour aller plus loin:

Mercredi 15 février 2017
Catégorie: Articles

Institut Ressources SPRL à finalité sociale © 2016