BD reportage les entreprises libérées, Isaac Getz

Il est faux de croire que les gens sont contre le changement. Ils n’aiment pas qu’on les change, ce n’est pas du tout pareil, R. Teerlink

Comment créer des structures dans les organisations qui s’adaptent à l’humain, et non l’inverse ? Sous forme de BD reportage, "Les entreprises libérées" part à la rencontre de ces boîtes qui ont tenté un pari contre-intuitif, et qui fonctionne: celui de mettre l’humain au coeur de son organisation, celui de mettre en place une forme organisationnelle dans laquelle les salariés sont autonomes, responsables, heureux, et donc épanouis. Getz, Simmat et Bercovici nous amènent en France, en Belgique et aux Etats-Unis pour découvrir un nouveau mode d’organisation d’entreprises qui ambitionnent de réconcilier travail et bonheur pour tous les collaborateurs. Une bande-dessinée drôle, instructive, et étonnante.


 

Et si nous changions de système de croyances, pourrions-nous concevoir une nouvelle façon de travailler ensemble - plus productive, plus harmonieuse, plus engageante, plus inspirée ? Et s’il était possible de créer des organisations plus épanouissantes pour l’être humain, à quoi ressembleraient-elles ? A ces questions, Isaac Getz, professeur à l’ESCP Europe réponds: "oui", et "entreprise libérée" et rajouterai que les premières sont nées dans les années 1960. Pour Getz, une entreprise libérée c’est: "une forme organisationnelle dans laquelle la majorité des salariés sont totalement libres et responsables des actions qu’ils jugent meilleures pour l’entreprise."

Auteur de "Liberté & Cie" et de "La Liberté, ça marche", Isaac Getz s’est entouré de Philippe Bercovici (dessinateur) et de Benoist Simmat (journaliste économique) pour concevoir une BD reportage qui retrace la naissance des entreprises libérées, et qui explique leurs modes de fonctionnement. "Depuis deux siècles, l’entreprise est construite contre la nature humaine. Dans l’entreprise, l’humain reste une ressource comme une autre. Mais aujourd’hui, le lien de subordination induit par le contrat de travail a des conséquences terribles, il ne correspond plus à la réalité. Le coût de cette organisation est devenu démesuré: 50% de l’énergie dépensée dans les entreprises est consacré à lutter contre la bureaucratie. Résultat ? Les gens ne peuvent faire un bon travail. Ils se désengagent." Et que si vous rendez vos salariés heureux, alors ils rendront vos clients heureux. Et donc, la question est: "comment créer des structures dans les organisations qui s’adaptent à l’humain et non l’inverse ?"


 

Et à la question, qu’est-ce une entreprise "idéale" ? "C’est une entreprise qui a radicalement transformé son organisation pour satisfaire les besoins universels des salariés, qui croit que l’homme est digne de confiance, que chacun a un don et que les gens aspirent à s’auto-diriger plutôt qu’à être dirigés. C’est une entreprise où le patron a cessé de croire qu’il est le plus intelligent. Il fait confiance aux autres pour trouver les solutions." Et à Getz de renchérir: "Personne n’a dit qu’il est simple de libérer une entreprise. La libération est une épreuve, comme une ascension d’une belle montagne. Mais qu'est-ce qu'on respire mieux une fois arrivé en haut." Et il n’existe pas de recette unique, mais autant de solutions que de leaders libérateurs - qui est le nom donné à ces chefs d’industries qui ont cette volonté de faire évoluer l’entreprise vers un endroit où tout à chacun puisse s’épanouir, et qui ont cette croyance que l’Homme est naturellement bon.

On ne change pas les choses en s'opposant à ce qui existe déjà, mais en construisant un nouveau modèle qui rend l'ancien obsolète, R.B. Fuller

De quand date les premières entreprises libérées ? Des années 1960, avec W.L. Gore, de Bill Gore, et l’entreprise Avis, avec à sa tête Robert Townsend. En France, la première entreprise libérée, FAVI, est l’oeuvre de Jean-François Zobrist. Et depuis quelques années, le nombre de leader libérateur ne cesse de croître, libérant ainsi de plus en plus d’entreprises. Et comme le rappelle Isaac Getz: "C’est une démarche qui demande de la créativité, car chaque entreprise possède un héritage humain et culturel unique."

Données techniques: "Les entreprises libérées", Les arènes BD, 2016, Simmat & Bercovici

Mercredi 31 mai 2017
Catégorie: Articles

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