Comment faire les bons choix, de Dan et Chip Heath, ou comment déjouer les pièges de la raison pour prendre de meilleures décisions

Dans "comment faire les bons choix", Chip et Dan Heath nous éclairent sur les pièges de la prise de décision. Selon eux, ils sont au nombre de quatre: le cadrage serré, le biais de confirmation, les émotions immédiates et l'excès de confiance. Et loin d’être une fatalité, il est possible de contrebalancer leurs influences.


 

"Tout au long de ce livre," disposent Chip et Dan, nous présenteront "des moyens de pousser du coude, d’aiguillonner ou d’inspirer" les individus, et les groupes d’individus "afin qu’ils prennent de meilleures décisions. De rechercher une option supplémentaire. De trouver quelqu’un qui a déjà résolu notre problème. De nous demander: “Qu’est-ce qui devrait être vrai pour que j’aie raison ?” De tester pour éviter les manoeuvres de couloir. De prendre de grandes décisions en fonction de nos priorités essentielles. De mener" une revue pre-mortem et préparade de vos décisions. "D’installer des signaux d’alarme. L’emploi de ces techniques améliorera les résultats de vos décisions." Et plus généralement, prendre des décisions plus pertinentes, pour Chip et Dan Heath, passe par un processus en quatre étapes. Quatre étapes afin de combattre quatre pièges de la prise de décision - que vous trouverez exposés ci-dessous, schématiquement.

Le cadrage serré, c’est limiter sans raison les options que nous envisageons avant de faire un choix.

"Si vous devez effectuer un choix, un cadrage serré vous fait passer à côté de certaines options. La solutions est donc d’élargir celles-ci. C’est ne pas s’enfermer dans des questions dont la réponse est oui ou non. C’est s’offrir la possibilité du “et”, faire ceci, et cela. C’est reformuler le problème afin de lui trouver d’autres angles."

Par exemple,

  • En réfléchissant au coût d’opportunité
  • En essayant le test des options disparues: que se passe-t-il si vos possibilités actuelles n’existent plus ?
  • En privilégiant le multipiste, en envisageant plus d’une option simultanément. Ce qui permet de s’offrir des pistes de sorties, de ne pas s’identifier à une et une seule solution, etc.
  • En trouvant quelqu'un qui a résolu, dans votre domaine ou un autre similaire, votre problème.

Le biais de confirmation, c’est le fait de rechercher des informations qui renforcent vos croyances, vos convictions.

Comment lutter contre une récolte d’informations qui vous arrangent ? La solution est de confronter vos hypothèses à la réalité. C’est se créer un environnement propice à une récolte impartiale d’informations. Des infos qui nous plaisent, qui nous semblent cohérentes, mais aussi qui nous bousculent, qui nous surprennent, qui sont contre intuitives pour nous


 

Par exemple,

  • En suscitant un désaccord constructif. Un avocat du diable. Répondre à cette question: dans quelles conditions cette option serait-elle le meilleur choix ?
  • En organisant une erreur délibérée.
  • En mixant perspective interne, et perspective externe. "La perspective interne s’appuie sur les informations qui se trouvent sous notre projecteur au moment où nous envisageons une décision - nos propres impressions et nos propres évaluations de la situation dans laquelle nous nous trouvons. La vision externe, au contraire, ignore nos conditions particulières et analyse la catégorie d’ensemble dont elle fait partie."
  • En testant. Pourquoi prévoir, deviner le futur quand on peut le connaître ? Même à petite échelle.

Les émotions immédiates, c’est le fait, dans l’instant, de se laisser influencer par des émotions qui s’estomperont.

La solution, ici, c’est de prendre du recul avant de décider.

Par exemple,

  • En utilisant le 10/10/10. Imaginez que vous avez décidé. Que penseriez-vous de cette décision dans 10 minutes ? Dans 10 mois ? Dans 10 ans ?
  • En vous plaçant dans la peau de votre meilleur(e) ami(e): Que dirais-je à mon meilleur ami de faire dans cette situation ?
  • En vous demandant, quel genre de personne je souhaite, j’aspire devenir ?

L’excès de confiance, c’est le fait de trop croire à ses propres prédictions.

La solution, ici, c’est de se préparer à avoir tort.

Par exemple,

  • En anticipant un échec, et une réussite. "L’avenir n’est pas un point, un scénario, unique que nous devrions prédire. C’est une fourchette. nous devons imaginer les bornes de l’avenir en considérant une fourchette de résultats, du très mauvais au très bon." Pour vous préparer à la borne inférieure, faites un pre-mortem: Imaginez-vous dans un an. Votre décision, est un lamentable échec, pourquoi ? Pour vous préparer à la borne supérieure, il vous faut une préparade. Imaginez-vous dans un an, on ne parle que de vous. Serez-vous prêts pour le succès ? Son accueil, son suivi...

Et à Dan et Chip Heath d’expliquer: "Un bon processus décisionnel n’est pas une feuille de calcul qui crache “ la bonne réponse “ une fois qu’on y a collé des chiffres. Ce n’est pas une liste pointée d’arguments pour et contre. C’est une glissière de sécurité qui nous maintient dans la bonne direction."

Pour aller plus loin: "Comment faire les bons choix: Déjouer les pièges de la raison pour prendre de meilleures décisions," Chip et Dan Heath, Clés des Champs, Flammarion, février 2017, 376 pages

Mercredi 19 juillet 2017
Catégorie: Articles

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