Dans la peau d'un migrant en Norvège

Depuis plus de douze ans, une ONG en Norvége propose à des jeunes de vivre 24 heures dans la peau d’un migrant. L’objectif: sentir ce que vivent les migrants et ainsi, mieux comprendre les choses afin de se forger sa propre opinion.

A ce jour, environ 70 000 adolescents se sont immergés dans la peau d’un migrant. La journée débute par une nouvelle identité: chaque ado endosse une nouvelle persona. Un nouveau nom, un nouveau prénom, et une nouvelle histoire. Ensuite, la route vers l’exil commence. Dans le froid, une longue marche aboutie à un poste frontière gardé par des militaires. Souffrance, humiliation, extrême fatigue sont quelques maux auxquels chaque jeune est confronté.

Défendre la cause des migrants autrement. Faisant fi des longs discours, l’ONG préfére l'immersion, le vécu. Se mettre en deuxiéme position. "Je ne veux pas leur imposer mon opinion, à eux de se forger la leur," dispose un membre de l’ONG aux journalistes de l'émission "L'effet Papillon", que vous pouvez apprécier, in extenso, ci-dessous:

 

Une idée m'avait hanté, pendant des années, et cette nuit-là, elle me revient avec plus d'insistance que jamais. Si au cœur des États du Sud, un Blanc se transformait en Noir, comment s'adapterait-il à sa nouvelle condition ? Qu'éprouve-t-on lorsqu'on est l'objet d'une discrimination fondée sur la couleur de peau, c'est-à-dire sur quelque chose qui échappe à votre contrôle ?,  John Howard Griffin 

Dans la peau d’un...une expression qui fait penser au bouleversant et accablant témoignage de John Howard Griffin "blanc de Mansfield au Texas, grimé en afro-américain, avec pour objectif de connaître la réalité de l'existence d'un noir dans le sud des États-Unis.

Une expérience qu’il relate dans son livre "Dans la peau d’un noir", et dans lequel il décrit la discrimination que les noirs subissent aux Etats-Unis dans les années 60. Une chose dont il n’avait, avant de se mettre à la place d’une personne de couleur afin de vivre son quotidien, pas mesuré l'ampleur:

J'avais du mal à croire qu'un homme pouvait, à notre époque de liberté, refuser à quelqu'un de satisfaire aux nécessités fondamentales, comme se désaltérer ou aller aux toilettes. On ne se sentait pas aux États-Unis ici. On se serait plutôt cru en un pays étranger enrobé de laideur. Une tension flottait dans l'air, une menace permanente, même si l'on n'arrivait pas à la toucher du doigt, John Howard Griffin 

Se mettre en deuxième position, vivre ce que vit l’autre, permet une meilleure, du moins une autre, compréhension d'une situation problèmatique. Et comme le dit ce proverbe indien: "Avant de faire ta langue de vipère à propos de ta voisine, chausse pendant plusieurs lunes ses mocassins". Qu’en pensez-vous ? Que vous évoque cette "deuxième position perceptuelle" ? 

Article rédigé par McGulfin / Fabien Salliou

Jeudi 5 mai 2016
Catégorie: Articles

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