Le fast food modifie le cerveau

Alors on serait tous (ou presque) des junkies ? Heureusement que la PNL a développé quelques modèles concernant les addictions !

Les hamburgers, sodas ou barres chocolatées modifieraient nos connexions cérébrales.

Une expérience a été réalisée sur des rats à l'Institut de recherche Scripps de Floride (un des États d'Amérique les plus touchés par l'obésité). Les neurobiologistes voulaient savoir si un régime de type fast-food modifiait l'expérience du plaisir chez ces rongeurs. Pour ce faire, ils ont procédé en deux temps. D'abord, en implantant une électrode dans un centre du plaisir (l'hypothalamus) et en apprenant aux rats à s'autostimuler en appuyant sur un levier. De cette façon, ils ont pu mesurer le seuil de stimulation électrique à partir duquel les rats ressentaient du plaisir. Puis les rats ont été soumis à un régime de type fastfood.

Au bout de deux semaines de ce régime, les neurobiologistes ont constaté que le seuil de stimulation produisant du plaisir avait augmenté: les rats avaient besoin de stimuler davantage leur hypothalamus pour obtenir le même plaisir. Lefast-food provoquerait donc une désensibilisation des circuits du plaisir, obligeant le mangeur à augmenter ses doses pour se sentir satisfait. Le cerveau serait en quelque sorte blasé, et aurait besoin de se surstimuler pour obtenir la même sensation de plaisir. Les neurobiologistes ont également constaté une diminution d'un type de récepteurs de la dopamine, la molécule du plaisir. Ces modifications, tant biochimiques que comportementales, sont identiques à celles produites par la cocaïne et l'héroïne. La spirale de l'obésité serait amorcée comme une toxicomanie.

P Johnson et al., Dopamine d2 receptors in addiction-like reward dysfunction and compulsive eating in obese rats, in Nature Neuroscience, à paraître.

Article de Sébastien BOHIER tiré de © Cerveau | Psycho - N° 39 de mai-juin 2010

Vendredi 28 mai 2010
Catégorie: Articles

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