Le meilleur manipulateur: soi-même

"A tout prendre, quel est le pire manipulateur ? Sans conteste celui qui, à notre insu, nous pousse chaque jour à tirer des conclusions aberrantes, faire les mauvais choix, nous montrer irréalistes et injustes. C’est à dire nous-mêmes," débute la journaliste Romina Rinaldi pour le magazine Sciences Humaines du mois de décembre 2016 qui concentre sa Une et un dossier sur la thémtique de "La Manipulation."

"Dans nos sociétés modernes, nous sommes amenés à prendre continuellement des décisions tout en étant bombardés par une multitude d’informations. Or, les processus de décision rationnelle sont lents, coûteux en énergie, et donc insuffisants à eux seuls pour pouvoir suivre la cadence. Il nous faut ainsi prendre de nombreuses décisions rapidement, inconsciemment et automatiquement, et quelques autres, de façon plus réfléchie et plus consciente."

C’est le concept système 1 / système 2, les deux vitesses de la pensée, mis à jour par Daniel Kahneman, prix Nobel d’économie.

  • Le système 1 est automatique, intuitif et principalement inconscient
  • Le système 2 est analytique et conscient

Et notre cerveau a tendance à utiliser le système “automatique” - l’option du moindre effort. Qui se révèle efficace et pertinente pour la majorité des choix simples. Le souci est que système est facile à duper, notamment via les biais cognitifs.

Par exemple, 
Le biais de confirmation: qui nous engage à ne considérer que les informations qui confirment nos croyances, et à ignorer les autres. L’illusion de corrélation: qui vous fait percevoir deux choses ou deux événements comme liès, sur base de présupposés ou d’expériences antérieures. D’où le: quand vous êtes en retard, vous avez l’impression que tous les feux passent au rouge. Et aussi l'effet de halo, le biais de simple ou première exposition (création d’une empreinte, d’une habitude, par répétition), que vous pouvez apprécier dans ces vidéos:

La théorie de l’interprète: face au désordre laissé par les fonctions autonomes ou le systéme 1, à cause duquel un individu peut souvent agir de façon irrationnelle et à l’encontre de ses propres  principes. Non seulement nous faisons des choix irrationnels, mai snous parvenons à nous persuader du contraire,  en trouvant des justifications tout à fait logiques à ces comportements. Et ce afin d’éviter la dissonance cognitive, le fait d’agir en contradiction avec nos propres croyances.

Et si notre cerveau était manoeuvré par une bactérie ?
Impensable ? Et pourtant réel: le parasite Toxoplasma gondii...

Et à Romina Rinaldi de conclure son article de Sciences Humaines par: "Force est de constater que dans l'art de la manipulation, on trouve rarement meilleur rival que soi-même."

Source principale: "La manipulation: Pourquoi sommes-nous tous influençables ?", Sciences Humaines numéro 287, Décembre 2016

Jeudi 15 décembre 2016
Catégorie: Articles

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