Pourquoi la première impression est si persistante

Une expérience qui illustre les notions PNL de carte du monde, d'ancrage et d'empreinte.

Intérressant donc à lire pour un pnliste.

Une recherche d’une équipe de psychologues du Canada, de Belgique et des États-Unis [1], a montré qu’il y avait plus qu’une vérité littérale dans la maxime disant "vous n’avez jamais de seconde chance pour faire bonne impression".

Les résultats suggèrent que les nouvelles expériences qui contredisent une première impression, se "lient" au contexte dans lequel elles ont été faites. Ainsi, les nouvelles expériences influencent les réactions des gens seulement dans ce contexte particulier, tandis que les premières impressions dominent toujours dans les autres contextes.

"Imaginez que vous ayez un nouveau collègue de travail, et que votre impression sur cette personne ne soit pas favorable" explique l’auteur de l’étude, Bertram Gawronski de l’Université de l’Ontario. "Quelques semaines plus tard, vous rencontrez ce collègue lors d’une fête et vous réalisez qu’il est en fait très sympa. Bien que vous sachiez que votre première impression était fausse, votre intuition profonde vis-à-vis de votre nouveau collègue sera influencée par votre nouvelle expérience uniquement dans des contextes qui seront identiques à ceux de la fête. Cependant, votre première impression dominera toujours dans tous les autres contextes."

Selon Gawronski, nos cerveau stockent les expériences violant les attentes comme des "exceptions à la règle", à tel point que la règle est traitée comme étant valide excepté dans le contexte spécifique dans lequel elle a été violée.

Pour étudier la persistance des premières impressions, Gawronski et ses collègues ont montré aux participants de l’étude une information soit positive, soit négative, à propos d’un individu inconnu sur un écran d’ordinateur. Plus tard dans l’étude, on a présenté à des participants une nouvelle information à propos de ce même individu, information qui était en contradiction avec l’information initiale. Pour étudier l’influence des contextes, les chercheurs ont subtilement changé la couleur de fond de l’écran de l’ordinateur, pendant que les participants construisaient une impression de la personne cible.

Quand les chercheurs ont ensuite mesuré les réactions spontanées des participants face à une image de la personne cible, ils ont découvert que la nouvelle information influençait les réactions des participants seulement quand la personne était présentée avec le fond dans lequel la nouvelle information avait été apprise. Autrement, les réactions des participants étaient toujours dominées par la première information lorsque la personne cible était présentée avec d’autres fonds d’écran.

Bien que ces résultats soutiennent l’observation commune selon laquelle les premières impressions sont notoirement persistantes, Gawronski note qu’elles peuvent être parfois modifiées. "Ce qu’il faut, c’est que la première impression soit remise en cause dans de multiples contextes. Dans ce cas, les nouvelles expériences deviennent décontextualisées, et la première impression perdra doucement de sa puissance. Mais tant que la première impression n’est contredite que dans le même contexte, vous pouvez faire tout ce que vous voulez, la première impression dominera quelque soit la fréquence de sa remise en cause par de nouvelles expériences."

Selon Gawronski, cette recherche a aussi des implications importantes dans le cadre du traitement des troubles cliniques. "Si quelqu’un avec des réactions phobiques face aux araignées (arachnophobie) cherche de l’aide auprès d’un psychologue, la thérapie sera plus couronnée de succès si cette aide a lieu dans des contextes différents plutôt que seulement dans le bureau du psychologue."

[1] Generalization versus contextualization in automatic evaluation. Gawronski Bertram ; Rydell Robert ; Vervlie, Bram ; De Houwer Jan. Journal of Experimental Psychology : General, Vol 139(4), Nov 2010, 683-701.

Source: Insoliscience.fr

Vendredi 25 février 2011
Catégorie: Articles

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