Tenir le cap avec ses ados: un moment de réflexion par V. Wright et I. Muniz

S'appuyant, à la fois, sur une tendance à la puberté précoce et une entrée sociologiquement retardée dans l'âge adulte, une étude australienne dispose que "l’âge adolescent" s’étend maintenant de 10 à 24 ans. "L’adolescence est telle un cactus," selon l’écrivaine Anaïs Nin. "L'adolescence est l'âge où les enfants commencent à répondre eux-mêmes aux questions qu'ils posent," explique de son côté l'écrivain George Bernard Shaw. "La maladie de l’adolescence est de ne pas savoir ce que l’on veut et de le vouloir cependant à tout prix," rajoute l’écrivain Philippe Sollers. Au fond, qu’est-ce que l’adolescence ? Comment les parents peuvent communiquer avec les ados ? Comment les accompagner sur ce chemin de vie ? Telles sont des questions qui trouveront quelques réponses au cours des conférences "Tenir les cap avec ses ados" - co-animées par Isabelle Muniz et Vanessa Wright, qui est notamment formatrice à l'Institut Ressources.

 

L'atelier "Tenir le Cap avec ses Ados" ou "comment être libre dans l'attachement " donne l'occasion d'expérimenter les différents modes de communication que nous avons à notre disposition. On se questionne sur "la perspicacité de l'ado", sa capacité d'identifier dans notre terrain émotionnel ce que nous essayons d'éviter. Ceci l'amène naturellement à nous déstabiliser. Un jeu s'installe, une dualité, un affrontement. La rencontre perdure dans cette expression commune à l'Ado et son parent: "Je ne te comprends pas."

Ainsi, dès que nous cherchons à éviter le conflit, nos ados vont être dans le conflit. Si nous sommes dans la dépendance, ils se montreront alors indépendants. L'évitement de la tristesse donnera cours à une tristesse exacerbée. Finalement, ce n’est pas qu’ils nous gonflent, mais plutôt que nous nous laissons amener sur un terrain que nous préférons éviter et qui nous irrite royalement. Dès lors, quelle est la "bonne distance", celle que nous avons besoin de maintenir ? Quelle est notre limite ? Comment la sentir dans notre corps avant que l'émotion ne monte et nous fasse sortir de nos gonds ? Comment éviter les pièges de la communication violente ?

 

"Tenir le cap avec ses Ados" est un moment privilégié entre parents pour faire l'expérience que nos évidences sont des croyances qui nous structurent et qui nous empêchent également d'imaginer d'autres issues. Nous pouvons avoir le sentiment d’en faire trop pour nos enfants, ou de ne pas être compris dans leur sensibilité. Très souvent, le parent se demande: "pourquoi il - ou elle - ne comprend pas ce que je lui demande, c’est pourtant clair ! Et bien non, je dois répéter, je dois attendre, je dois faire semblant. Il ne s’intéresse pas à moi, à ce que je fais, à ce que je dis et prend des décisions sans me concerter…". La réalité de ne plus être le centre, le référent dans la vie de son enfant qui s'affranchit ouvre les blessures d’attachement non-résolues et embrouille la vision. Le doute s'enracine, le manque d'envie s'installe et la relation prend un goût amer.

Avec un mouvement, un positionnement, une orientation, un choix, un acte, un objectif, l’invitation est lancée de nous déplacer et tendre vers le changement. Se donner les moyens d’entrevoir son parcours, son paysage sous un autre angle peut nous permettre d’élargir notre champ de vision et ainsi impacter notre perception de la situation. Nous le savons: il n’est pas facile de cheminer tout seul. Cette liberté d’avancer peut également nous faire peur. A nouveau. Quel paradoxe !

Ce que nous oublions, c’est que même en étant en situation d’adulte, nous gardons au fond de nous l’enfant que

 

nous sommes toujours. L’apprentissage, l’éducation vis-à-vis de soi-même se poursuit avec la créativité pour nous permettre d’agir à partir de la position d’adulte et de se dire: "allez stop, on y va, j’arrête de m’apitoyer sur mon sort et je me fais plaisir !" Il s'agira de développer notre vision de la situation en se donnant les moyens tant de prendre du recul que de se rapprocher au plus profond nos sensations et nos pensées. Autrement dit: que se passe-t-il pour moi, tant dans mon corps que dans mon esprit ? C'est cette adaptation à trouver sa juste distance et ainsi à se resituer dans le contexte qui nous incite continuellement à tirer profit de nos apprentissages.

Soyez les bienvenu(e)s pour trouver et tester les pistes, les clés, cette créativité qui vous pousse à agir autrement, à sortir de votre isolement et à vous joindre à d'autres parents avec cette envie majeure de se mettre en situation.

Pour aller plus loin, la croyance populaire situe l'adolescence entre 14 et 19 ans, ce que conteste une étude australienne, parue le 17 janvier 2018 dans la Revue "The Lancet - Child and Adolescent Health". L'adolescence durerait désormais de 10 à 24 ans. Etes-vous surpris ? En doutez-vous ? "The age of adolescence." Prof Susan M Sawyer, Peter S Azzopardi, PhD, Dakshitha Wickremarathne, MDS, Prof George C Patton, MD) http://www.thelancet.com/journals/lanchi/article/PIIS2352-4642(18)30022-1/abstract

Les conférences, quelques modalités:

  • Lieu ? "L’Espace-Temps," SOI LIBRE DANS L’ATTACHEMENT - Centre de Thérapies 64 rue du Tabellion, à 1050 Bruxelles. Site : www.espace-temps.org
  • Quand ? Une fois par mois de 18H30 à 20H30 - le prochain atelier : mercredi 28 février 2018 
  • Par qui ? Co-Animation : Isabelle MUNIZ - 0476 80 81 21- et  Vanessa WRIGHT - 0498 16 93 49 - personne de contact : Vanessa WRIGHT

Témoignages de quelques participants:

"L'atelier était une expérience très riche et plutôt insolite. On peut y arriver avec ses ados en tête, aussi bien qu'avec ses ados déjà adultes, ou les ados encore enfants, voire même avec l'ado qu'on fut soi-même. Loin des explications théoriques sur l'adolescence, on vit les expériences de manière corporelle/physique et la même approche est utilisée pour ensuite proposer des changements," S.K.

"Je me suis sentie très bien en sortant, pas de prises de tête inutiles mais plutôt un questionnement positif sur ma façon d’agir avec mon ado, qui me permettra je l’espère d’avancer vers des relations plus apaisées,"J.C.

Mercredi 31 janvier 2018
Catégorie: Articles

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